Blog > Glossaire des termes relatifs à une chirurgie du nez

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Un glossaire des termes de rhinoplastie destiné à tous ceux et celles qui veulent en savoir un peu plus sur les termes fréquemment utilisés dans le domaine de la rhinoplastie, et plus généralement dans le domaine de la chirurgie du nez, esthétique et/ou fonctionnelle.

 

 

Ailes du nez (Ala)

Elles dessinent les orifices narinaires dont le grand axe vertical est légèrement orienté vers l’intérieur en vue basse. De face, leur bord externe ne doit pas dépasser en dehors les verticales tracées à partir des canthi internes (angles internes des yeux). De profil, le bord inférieur des ailes du nez doit rester à 2 mm au dessus du bord inférieur de la columelle. Lorsque cette valeur n’est pas respectée, l’on parle de columelle plongeante, d’aile narinaire rétractée ou les deux à la fois.

Angle nasofrontal (Nasofrontal angle)

Cet angle doit être suffisamment marqué, c’est à dire situé à peu près 5 mm en arrière du plan frontal et bien positionné, c’est à dire situé au niveau du bord inférieur de la paupière supérieure dans le regard direct. 

Angle nasolabial (Nasolabial angle)

Formé par l’inclinaison de la columelle avec la lèvre supérieure, il forme un angle de 90 à 95˚ chez l’homme et un angle de 95 à 110˚ chez la femme.

Base du nez (Alar base)

Jonction du nez mobile avec la plan facial. Classiquement, cette base est circonscrite dans un triangle équilatéral en vue basse. Parmi les anomalies retrouvées, l’on peut citer la rétraction columellaire, la columelle pendante, l’élargissement du pied de la columelle et les anomalies de la jonction alo-jugale (narines larges, narines longues). 

Bec de corbin (Parrot beak)

Terme désignant une déformation séquellaire qui sans préjuger de sa cause se traduit par une convexité de la partie du dorsum située juste au dessus de la la pointe du nez. Cet aspect inesthétique conduit à de nombreuses rhinoplasties secondaires. Deux mécanismes peuvent être responsables de ce résultat. Le premier par insuffisance de résection du septum, des cartilages triangulaires et/ou de la portion médiane des crus lateral est à l’origine d’une proéminence dure non dépressible à la palpation. Le second mécanisme est dû à une résection excessive du septum responsable d’un espace mort, la peau ne pouvant se rétracter suffisamment. Cet espace est alors comblé par un tissu fibreux que confirme l’aspect dépressible lors de la palpation de la région sus lobulaire.
 

Cartilages alaires ou Cartilages latéraux inférieurs (Alar cartilages, lower lateral cartilages)

Il s’agit de cartilages en miroir (grossièrement la forme d’un fer à cheval) qui déterminent par leur position, leur forme et leur volume, la configuration de la pointe du nez, de la columelle et des ailes narinaires. Il faut souligner l’importance du revêtement cutané lors de toute chirurgie du nez. Si ce revêtement est épais (peau épaisse et séborrhéique), il va effacer les reliefs et il sera nécessaire d’anticiper le résultat lors d’une rhinoplastie afin d’obtenir la meilleure définition possible de la pointe du nez. Les cartilages alaires présentent trois portions: le crus mesial, le crus intermédiaire et le crus laterale.

Cartilage septal : voir septum nasal

 

Cartilages triangulaires ou Cartilages latéraux supérieurs (Upper lateral cartilages)

Ces cartilages font suite aux os propres du nez. De forme quadrangulaire (et non triangulaire comme longtemps supposé), leur bord supérieur (et plus précisément le périchondre)  est en contact étroit avec la face inférieure des os propres du nez (plus précisément le périoste). Cette zone qui assure le soutien de l’auvent nasal porte le nom de “zone K” de Cottle. Le bord interne s’articule avec le cartilage septal et forme un angle compris entre 10 et 15˚ au niveau de la valve nasale. Quant au bord inférieur replié sur lui-même, il est en contact direct avec le bord supérieur du crus lateral auquel il est intimement lié et forme la plica nasi

Columelle (Columella)

Elle représente la zone de jonction entre le nez mobile et le plan facial. Elle détermine avec la lèvre supérieure l’angle nasolabial. La columelle ne doit pas être rectiligne mais constituer une courbe douce à son raccordement avec la lèvre et présenter une inflexion à sa jonction avec le lobule. Cette double inflexion (encore appelée “double break”) participe à l’aspect naturel du nez après une rhinoplastie.

Columelle plongeante (Hanging columella)

Convexité exagérée de la columelle à l’origine d’un aspect inesthétique. La lèvre supérieure apparaît courte. Sont responsables une hypertrophie de l’épine nasale antérieure et/ou un aspect proéminent du bord caudal de la cloison nasale.

Columelle rétractée (Retracted columella)

Peut se rencontrer avant toute chirurgie du nez, de façon isolée ou associée à d’autres anomalies. Mais il s’agit le plus souvent d’une anomalie survenue au décours d’une rhinoplastie par résection excessive du bord caudal du septum et/ou par résection importante de l’épine nasale antérieure, responsables d’un défaut de support ostéo-cartilagineux associé ou non à une rétraction des tissus mous au niveau de la columelle. Après une analyse précise, la correction de cette anomalie implique une rhinoseptoplastie secondaire avec au minimum mise en place d’un étai columellaire associé parfois à un greffon d’extension du septum. 

Cornet nasal inférieur (Inferior turbinate)

Structure osseuse recouverte d’un revêtement muqueux et placée à la partie inférieure de la paroi latérale des fosses nasales. C’est le premier relief visible dès l’introduction d’une optique. Le bord libre du cornet se divise en trois parties: la tête, le corps et la queue.

Crus intermédiaire (Intermediate crus)

Zone de jonction du cartilage alaire entre le crus mesial et le crus lateral. Constitue le dôme proprement dit, dont la hauteur est variable, ainsi que l’angulation. L’orientation en dehors détermine avec le crus controlatéral l’angle de divergence comblé par des tissus mous. Lorsque cet angle est supérieur à 60˚, l’on parle de pointe globuleuse.

Crus lateral (Lateral crus)

Une des trois portions du cartilage alaire. Située en haut et en dehors, la moitié antérieure, parallèle au rebord narinaire, convexe, forme un relief constant variable suivant les cas. La moitié postérieure, quasiment plane, présente un prolongement effilé encore appelé cauda.

Crus mesial (Medial crus)

Partie interne des cartilages alaires dont les extrémités postérieures divergent au niveau de l’épine nasale. Leur adossement médian constitue la columelle. Pilier de la pointe à l’origine du rapport entre le lobule et les narines, ils sont situés entre columelle et aire du dôme

Cyphose dorsale

Communément appelée bosse, elle représente la grande majorité des déformations de l’arête. La bosse intéresse de façon variable les segments osseux et cartilagineux du dorsum. Certaines bosses surtout basses portent essentiellement sur le septum et les cartilages triangulaires tandis que d’autres bosses hautes concernent les os propres du nez et peuvent combler l’angle nasofrontal. 

Déformation en “V inversé” (Inverted-V deformity)

Survient lorsque l’attache supérieure des cartilages triangulaires est limitée, notamment lorsque les os propres du nez (OPN) sont petits et courts. Il s’ensuit, après résection de la bosse et mobilisation des OPN, un affaissement des cartilages triangulaires, une visibilité du bord inférieur des OPN, et ce d’autant que la jonction septo-triangulaire a été sectionnée.

Dorsum (Nasal dorsum)

Unité représentant à la fois une entité chirurgicale et esthétique située entre la racine en haut et le lobule du nez en bas. 

Ensellure

Déformation du dorsum lorsque la résection de la bosse ostéocartilagineuse a été excessive.

Greffons (Grafts)

Fréquemment utilisés lors de la rhinoplastie, ils peuvent être classés en fonction du rôle qu’ils doivent remplir. Les greffons modelants, les plus utilisés, faits de cartilages écrasés, sont utilisés pour masquer les irrégularités et les imperfections. Les greffons de comblement, constitués de cartilages superposés, sont destinés à combler les ensellures. Les greffons de soutien, pour la plupart cartilagineux, sont utilisés chaque fois qu’une structure de la pyramide nasale doit être soutenue afin de retrouver son aspect naturel. Les greffons de reconstruction, uniquement osseux, sont généralement constitués de deux parties (arête nasale et soutien columellaire), solidarisées à leur extrémité selon une liaison de type tenon-mortaise.  

Lame perpendiculaire de l’ethmoïde

Lame osseuse mince et fragile qui repose sur le vomer et est étroitement en relation avec le septum cartilagineux.

Lobule du nez

Il représente une surface losangique divisée en deux triangles. Le triangle supérieur correspond à l’adossement des parties internes des crus lateral et répond à la partie des crus lateral qui peut être réséquée sans risque de perturber l’équilibre de la pointe. Le triangle inférieur répond à la crus intermédiaire, au dôme et à la partie basse de la crus lateral. Ce triangle constitue le support des cartilages alaires qu’il faudra respecter ou reconstruire pour obtenir un lobule esthétique lors d’une rhinoplastie. 

Ostéotomie (Osteotomy)

Dans la rhinoplastie, ce temps opératoire est nécessaire afin d’obtenir la libération de la pyramide nasale. Elles sont réalisées , selon le choix de l’opérateur et l’indication  anatomique, par voie vestibulaire, endobuccale et/ou percutanée. Les ostéotomies peuvent être latérales, paramédianes et/ou transverses, toutes avec un certain nombre de variantes qu’il convient de connaître notamment dans la correction des nez déviés.

Pointe du nez (Nasal tip)

Correspond aux cartilages latéraux inférieurs qui définissent le lobule et la columelle. De profil, la pointe du nez apparaît comme le prolongement du dorsum dont elle est séparée par une dépression supra-lobulaire (supratip) plus marquée chez la femme que chez l’homme. De profil, la pointe est le point le plus projeté (TDP ou tip defining point) et se termine au niveau de la jonction columello-lobulaire (infratip).

Racine (Radix)

Région située entre une ligne qui commence au niveau de l’arête orbitaire interne et se prolonge le long du mur latéral nasal. De profil, la racine ne doit pas être trop creusée ou trop saillante, responsable alors d’un comblement de l’angle nasofrontal.

Rhinion

Partie la plus basse des os propres du nez.

Rhinomanométrie (Rhinomanometry)

Réalisé lors de la consultation, cet examen permet de mesurer de façon objective le flux aérien des fosses nasales et ainsi de calculer les résistances “opposées” par ces fosses nasales au passage de l’air. Complété par un test aux vasoconstricteurs qui apprécie le rôle des cornets inférieurs, et par les manoeuvres de Cottle et Bachman qui apprécient la valve nasale, la rhinomanométrie permet de d’apprécier la ou les structures anatomiques responsables de l’obstruction nasale.

Rhinométrie acoustique (Acoustic rhinometry)

Examen réalisé en consultation, qui permet, à partir de l’analyse informatique des réflexions acoustiques générées par l’appareil, de déduire une surface de section à chaque instant. La sommation de toutes ces surfaces permet d’approximer le volume des fosses nasales et d’en établir une cartographie.

Rhinoplastie par voie externe (Open rhinoplasty)

Par une incision très peu visible au niveau de la columelle, cette voie d’abord permet une chirurgie à ciel ouvert.

Rhinoplastie primaire (Primary rhinoplasty)

Encore appelée Chirurgie du nez, Chirurgie esthétique du nez, Chirurgie esthétique et fonctionnelle du nez, il s’agit de la première intervention réalisée sur le nez afin d’en améliorer l’aspect esthétique et de corriger toute anomalie de la fonction respiratoire liée au nez.

Rhinoplastie secondaire (Secondary rhinoplasty)

En dehors des complications liées à une précédente intervention, les motifs qui conduisent le patient vers une seconde intervention ou plus encore, sont généralement d’ordre esthétique. Mais il n’est pas rare qu’un défaut initial d’analyse structurelle conduise à des troubles ventilatoires inexistants jusqu’alors. Ces éléments fonctionnels seront à intégrer lors de la révision de cette rhinoplastie.

Rhinoscopie (Rhinoscopy)

L’examen des fosses nasales à l’aide d’une optique rigide ou d’un nasofibroscope est indispensable avant toute chirurgie du nez, qu’elle soit esthétique ou fonctionnelle. L’examen permet d’apprécier le septum nasal aussi bien cartilagineux qu’osseux, de préciser le type de la déformation (crête, éperon, déviation angulaire, luxation, convexité...), son degré, son siège (cartilage quadrangulaire, vomer, lame perpendiculaire de l’ethmoïde). Complétée par une enregistrement vidéoendoscopique, il est alors possible d’évaluer la dynamique du nez lors de l’inspiration et l’expiration à la recherche d’une pathologie de la valve nasale. 

Septum nasal (Nasal septum)

Les fosses nasales sont séparées en deux parties par une structure médiane à la fois osseuse et cartilagineuse. C’est ainsi que l’on distingue le septum osseux ou lame perpendiculaire de l’ethmoïde du septum cartilagineux. Ce cartilage septal ou cartilage quadrangulaire est solidement fixé en arrière au septum osseux et repose en bas sur un socle osseux constitué de la crête incisive maxillaire et du vomer, prolongé en avant par l’épine nasale antérieure. L’intervention qui consiste à corriger les déformations osseuses et cartilagineuses responsables d’une obstruction nasale s’intitule Septoplastie. Lorsqu’elle est associée à une rhinoplastie, l’on parle de Septorhinoplastie ou aussi Rhinoseptoplastie.

Toit ouvert (Open roof deformity)

L’ablation de la bosse ostéocartilagineuse lors d’une rhinoplastie laisse un espace ouvert entre les berges osseuses (os propres du nez) et cartilagineuses (cartilages triangulaires et septum): c’est ce que l’on appelle le “toit ouvert” qu’il faudra fermer afin d’obtenir une arête nasale naturelle s’inscrivant dans les lignes supra-orbitaires de Sheen de face. Cette fermeture est réalisée à l’aide d’ostéotomies latérales associées ou non à des ostéotomies paramédianes. Il peut, dans certains cas, persister un espace responsable d’un méplat, voire même d’une déformation en rail lorsque la peau est fine. Il est alors possible de mettre en place un greffon modelant du dorsum.

 


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