Rhinoplastie ethnique

Rhinoplastie ethnique de type “asiatique”

La rhinoplastie est l’une des chirurgies esthétiques du visage les plus fréquemment pratiquées en Asie. L’objectif principal des rhinoplasties asiatiques est fondamentalement le même que chez tout patient. Il s’agit d’obtenir un résultat naturel, cohérent avec les spécificités ethniques du visage. Les caractéristiques anatomiques des nez asiatiques et les différences dans les normes esthétiques imposent d’appréhender cette chirurgie du nez de façon spécifique. Bien qu’il existe des variations interindividuelles, la plupart des nez asiatiques sont caractérisés par une peau épaisse avec un tissu sous cutané fibroadipeux abondant, un soutien cartilagineux à faible résistance, des os propres du nez courts, une épine nasale antérieure peu marquée et un orifice piriforme plus ovale et plus large. Point important, le septum cartilagineux est de dimension réduite. Le dorsum est large et présente une insuffisance de projection; le radix et le nasion sont peu marqués; la pointe du nez est définie comme “bulbeuse”, insuffisamment définie et hypoprojetée. La columelle est courte, les ailes narinaires épaisses et le seuil narinaire élargi. 

Rhinoplastie ethnique de type “africain”

De la même façon qu’il existe des variations interindividuelles, pour certaines liées au métissage, la plupart des nez africains sont caractérisés par une peau souvent épaisse avec un tissu fibroadipeux abondant responsable d’une insuffisance de définition de la pointe du nez. La columelle est courte, les ailes narinaires épaisses et le seuil narinaire élargi. La base du dorsum est élargie avec des os propres du nez souvent courts. La racine du nez est basse avec un angle nasofrontal obtus. 

Chirurgie du nez ethnique et spécificités chirurgicales

Toutes ces particularités anatomiques conditionnent les modalités de la rhinoplastie qui est avant tout une rhinoplastie d’augmentation. Les matériaux alloplastiques (silicone, PTFE ou polytétrafluoroéthylène expansé) très régulièrement utilisés en Asie, ne le sont que très rarement en France ou en Europe, du fait des risques de surinfection avec expulsion du matériel implanté. Les greffons autologues, et notamment la technique du DC-F (Diced Cartilage-Fascia) sont donc préférés et d’autant moins visibles que la peau est épaisse; le camouflage est alors plus naturel. Mais la peau épaisse impose de modifier les techniques relatives à la définition de la pointe du nez. La résection céphalique des cartilages alaires, les sutures seules ne fonctionnent pas. Un désépaississent du tissu fibroadipeux est souvent réalisé. La faible résistance des cartilages impose un renforcement du soutien cartilagineux à travers la mise en place d’un étai columellaire avec greffon d’expansion septale, au besoin renforcé et stabilisé par une plaque flexible de PDS™. S’y ajoutent des greffons de pointe, combinés aux sutures. Le cartilage septal est en quantité insuffisante et impose donc au rhinoplasticien de prélever du cartilage de conque (oreille) et/ou de côte. L’élargissement fréquent de la base du nez laisse supposer la réalisation d’ostéotomies mais le caractère court des os propres du nez et la largeur de la pyramide nasale rendent ces ostéotomies plus difficiles avec le risque d’une déformation en “V inversé”. Le collapsus de la valve nasale interne est par contre plus rare du fait d’un angle de valve nasale largement ouvert avec une enveloppe cutanée épaisse. Quant à la chirurgie des ailes narinaires, elle se discute au cas par cas et les solutions proposées sont liées à la forme, l’orientation et l’épaisseur des ailes. Le patient doit être informé du risque de cicatrice chéloïde (cicatrice hypertrophique) notamment chez les patients à peau noire. Si ce type de cicatrice n’est pas rapportée dans la littérature au niveau de la columelle, elle est par contre plus fréquente sur les sites de prélèvement de cartilage (oreille, côte).