Rhinoplastie secondaire

Si la rhinoplastie est l'intervention esthétique « la plus demandée », c'est aussi la plus difficile. Les retouches ou les reprises ne sont pas rares. Les raisons d'un éventuel échec d'une chirurgie du nez sont multiples : certaines sont directement liées au patient (cicatrisation non prévisible, peau épaisse, poursuite du tabac, non-respect des consultations postopératoires…), les autres sont liées au chirurgien (projet chirurgical insuffisant ou demandes du patient peu écoutées, maîtrise incomplète de certaines techniques chirurgicales, suivi insuffisant).

Les publications et les ouvrages de plus en plus nombreux sur les rhinoplasties secondaires, soulignent à leur façon, que les difficultés persistent. Les motivations qui conduisent vers une chirurgie du nez secondaire du nez sont de deux types : raison fonctionnelle ou esthétique. Mais, le plus souvent, l'insuffisance de résultats esthétiques s'accompagne de troubles respiratoires. Il n'est pas rare que le patient consulte pour des problèmes d'obstruction nasale survenus après une rhinoplastie.

L'examen avant une chirurgie du nez

Pour qu'une rhinoplastie secondaire soit réussie, il convient alors au chirurgien d'être très précis dans son analyse. Un examen vidéoendoscopique est indispensable lors de la consultation. Il sera très souvent accompagné d'une rhinomanométrie pour définir l'importance de l'obstruction nasale et déterminer son mécanisme. L'analyse esthétique, en dehors d'une palpation « scrupuleuse » du nez (peau, cartilages, os) sera renforcée par l'analyse de photographies 3D (tridimensionnelles).

L'ensemble de ces informations doit permettre au spécialiste de la rhinoplastie une prise en charge optimale afin de proposer au patient un projet chirurgical cohérent, tout autant esthétique que fonctionnel et éviter ainsi d'aggraver une situation parfois précaire.

Rhinoplastie secondaire d'augmentation avec lifting de la lèvre supérieure

“Rhinoplastie secondaire d'augmentation avec lifting de la lèvre supérieure”

Une retouche après une première chirurgie nasale

Pour des défauts mineurs, une retouche est proposée au patient. Il est communément admis dans la littérature que le pourcentage de retouche, et plus globalement le taux d'insatisfaction après une rhinoplastie est compris entre 5 à 20%. Ce chiffre regroupe toutes les constatations rapportées par le patient, qu'il s'agisse de petites irrégularités du dorsum, de dépressions localisées discrètes, osseuses ou cartilagineuses, d'asymétries observées de face, de profil ou de ¾.

La retouche, proposée à partir du huitième mois, est adaptée à la demande du patient. Par exemple, la persistance d'une cyphose modérée, l'existence d'irrégularités ou de spicules sont corrigées à la râpe sous anesthésie locale lorsque cela est possible. Dans certains cas, l'utilisation de produit de comblement (rhinoplastie médicale) est une alternative séduisante à la chirurgie.

La rhinoplastie secondaire, une véritable alternative

Pour des défauts plus importants, liés notamment à des résections ostéocartilagineuses excessives, la rhinoplastie secondaire est souvent la seule solution à proposer au patient. C'est seulement au terme de plusieurs consultations après avoir écouté les doléances du patient, ses attentes mais aussi ses craintes quant à une nouvelle rhinoplastie, qu'un projet chirurgical sera établi en définissant précisément ce qu'il est possible de faire mais aussi ce qui semble irréaliste.

Intéressant aussi bien la pointe que le dorsum, les “becs de corbin et équivalents” sont un motif fréquent de rhinoplastie secondaire. Les mécanismes sont multiples et nécessitent donc une analyse rigoureuse avant toute résection intempestive. Si la déformation est en rapport avec une résection excessive d'une cyphose ostéo-cartilagineuse (pseudo corbin), la correction est réalisée par la mise en place d'un greffon d'apposition. Lorsqu'il s'agit d'un défaut de résection du bord antérieur du cartilage septal, la correction est réalisée par une résection millimétrique prudente aux ciseaux. Lorsqu'il existe une chute de la pointe, seul le soutien de cette dernière par des greffons doit permettre de corriger ce pseudo corbin. Le véritable bec de corbin correspond à une cyphose résiduelle d'origine fibreuse de la supratip par accumulation de collagène, secondaire à une résection excessive du bord supérieur du cartilage quadrangulaire. L'ablation du tissu fibreux est complexe et risque d'aggraver à court terme la déformation. Aussi, la résection fibreuse doit être associée systématiquement à une stabilisation des structures cartilagineuses par des greffes d'apposition.

Rhinoplastie secondaire pour correction d'un bec de corbin

“Rhinoplastie secondaire pour correction d'un bec de corbin”

Quel délai faut-il respecter avant une rhinoplastie secondaire ?

Avant une nouvelle intervention, le patient devra patienter un an (temps de cicatrisation), durée parfois difficile à accepter tant le retentissement psychologique est important.

Au niveau de la pyramide osseuse, un certain nombre de déformations peuvent être observées. L'ensellure nasale, par résection excessive du dorsum osseux avec recul des volets osseux après ostéotomies latérales, est corrigée par la mise en place d'une greffe de comblement. L'ensellure, par résection ostéocartilagineuse excessive, s'accompagne d'un défaut de support de la pointe par le septum et suppose dans sa correction de réaliser un assemblage cartilagineux mais souvent osseux, de type tenon-mortaise.

Lorsque les ostéotomies latérales ont été réalisées en position trop antérieure, il s'ensuit un aspect en « marche d'escalier » sur une vue de face dont la correction nécessite des ostéotomies latérales réalisées au ras du plan facial. En cas d'asymétrie au niveau des os propres du nez, les ostéotomies se combinent à des greffes d'apposition.