1. Accueil >
  2. Rhinoplastie chirurgicale >
  3. Rhinoplastie conservatrice ou la rhinoplastie 2.0

Rhinoplastie conservatrice ou la rhinoplastie 2.0

La rhinoplastie conservatrice ou Preservation Rhinoplasty (PR)  selon la terminologie anglo-saxonne est une réelle évolution pour ne pas dire une révolution dans notre pratique quotidienne de la chirurgie du nez, esthétique mais aussi fonctionnelle. Cette approche repose sur une idée puissante: réduire les reprises chirurgicales complexes, notamment celles avec prélèvements de cartilage costal. Nombre de rhinoplasties secondaires ne trouvent leurs solutions que dans des prélèvements multiples avec techniques de plus en plus élaborées. Les objectifs de la rhinoplastie conservatrice sont de remplacer les techniques de résections par des techniques de conservations et de repositionnement conduisant à des révisions chirurgicales minimales lorsque cela est nécessaire. Il s’agit d’une avancée fondamentale qui nous amène à parler de rhinoplastie 2.0, avec une terminologie toute particulière, en remplacement des termes de « rhinoplastie structurelle » ou de « rhinoplastie de résection ». 

 Principes 

Ces principes reposent sur trois piliers qui sont en fait les trois unités structurelles à conserver: la peau et les tissus mous, le dorsum ostéocartilagineux et les cartilages alaires. 

Enveloppe cutanée :

Depuis des décennies, les rhinoplasticiens ont opéré dans un plan de décollement responsable d’oedème postopératoire prolongé avec remaniement tissulaire inflammatoire et cicatriciel mais aussi à long terme d’un « affinement » de la peau et des tissus sous jacents. Cela a pu conduire dans un certain nombre de cas à une squelétisation du nez. Il n’est pas rare de voir ou de revoir des patients opérés il y a plus de 10 ans avec des irrégularités initialement absentes ou des greffes visibles alors qu’elles ne l’étaient pas pendant de nombreuses années. A l’inverse, un décollement dans des plans plus profonds (décollement sous périchondral), rendu possible par une analyse anatomique plus fine puis par l'élaboration de nouveaux instruments, conduit à un temps de cicatrisation réduit avec peu d’oedème et une conservation des tissus à long terme. 

Dorsum :

Dans la majorité des rhinoplasties, supprimer une bosse osseuse et/ou cartilagineuse se fait par résection, à l’origine d’un « toit ouvert » qui requiert la reconstruction du tiers moyen par des techniques plus ou moins complexes (spreader grafts, spreader flaps…).

A l’inverse, la préservation du dorsum conserve le toit ostéocartilagineux en utilisant des résection  de cloison nasale combinée à des ostéotomies afin de réduire la hauteur de la ligne dorsale. Il s’agit de technique d’impaction respectant les lignes esthétiques. Ces ostéotomies qui doivent être extrêmement précises peuvent se faire par des instruments classiques mais les nouveaux outils à la disposition du chirurgien, comme les instruments ultrasoniques ou les instruments motorisés, sont une aide précieuse et permettent des repositionnements osseux jusque là incertains. Ces mêmes outils permettent au chirurgien de remodeler l'os sans le casser dans certains cas.

Après exposition du squelette ostéocartilagineux (les différents plans de décollement seront abordés ultérieurement), la libération osseuse du dorsum du reste du massif facial est précédée par la libération du septum cartilagineux. La résection du septum est conditionnée par le siège de la déviation et par le choix de la technique de préservation. L’utilisation de la vidéoendoscopie peropératoire combinée aux instruments motorisés a permis aux chirurgiens du monde entier de proposer des variantes de plus en plus élaborées et adaptées à une multitude de patients. Il n’en reste pas moins que la rhinoplastie conservatrice ne peut s’envisager chez tous nos patients. Lorsque la déviation septale est complexe (cartilagineuse mais aussi os vomer et lame perpendiculaire de l’ethmoïde), lorsqu’il s’agit d’une rhinoplastie secondaire (notamment pour redonner un volume au nez) et dans d’autres situations particulières, il est préférable de réaliser une rhinoplastie structurelle. Une fois les ostéotomies latérales des processus frontaux des maxillaires et l’ostéotomie transverse de la racine du nez effectuées, la résection septale pratiquée, le temps d’impaction (ou « Push down ») permet d’abaisser le dorsum, tout en respectant la voûte ostéocartilagineuse. Dans certaines situations, afin de respecter la valve nasale interne qui pourrait être compromise, l’impaction est réalisée après résection d’une baguette osseuse (« Let down »). Toutes ces variantes sont analysées aussi bien lors des consultations préopératoires (endoscopie nasale) que lors de la réalisation d’une tomodensitométrie du massif facial ou d’un tomographie numérisée (cone beam). 

Cartilages alaires :

Traditionnellement, le rhinoplasticien « modèle »  une pointe par une combinaison de gestes associant des résections cartilagineuses, des sutures plus ou moins complexes et des greffes de cartilages. Bien que ces résultats puissent être excellents, dans certains cas, des déformations apparaissent avec le temps et imposent des retouches plus ou moins simples. Les techniques de conservation cartilagineuse par des repositionnements et sutures plutôt que par des résections réduisent les risques de retouche. L’ensemble de ces différents temps opératoires peut être aussi bien réalisé par voie externe que par voie endonasale. Il faut cependant préciser que lorsque le chirurgien utilise des instruments piézo (ultrasons), seule la voie ouverte est envisageable à ce jour.

Lorsqu’elle est envisageable (sous réserve de poser les bonnes indications), la rhinoplastie esthétique et fonctionnelle conservatrice présente de nombreux avantages et prévient de la plupart des effets indésirables de la chirurgie à « toit ouvert ». 

NEWSLETTER

Inscrivez-vous à notre newsletter



Nos coordonnées

66, avenue Victor Hugo
75116 PARIS

01 45 53 03 50Afficher le numéro

Lundi au vendredi :
09h - 13h et 14h - 19h