Ronflements, Apnées du sommeil et chirurgie du nez

Le ronflement en tant que gêne conjugale est un motif fréquent de consultation. Mais il n'existe pas de définition consensuelle du ronflement car les méthodes d'enregistrement ne sont pas standardisées. Trois critères doivent être évalués : l'intensité, la fréquence et la durée. Dans la littérature, le ronflement est défini comme un bruit entre 60 décibels (dB) (conversation normale) et 90 dB (tondeuse à gazon), dans une bande passante de 20 à 200 hertz avec une durée supérieure à 0,25 seconde.

Ronflement et apnée du sommeil

Quand on sait que certaines personnes peuvent ronfler jusqu'à 300 fois dans une nuit, il est facile de comprendre que le conjoint puisse changer de pièce pour dormir... Le conjoint, qui « subit » les ronflements, est parfois le témoin inquiet d'arrêts respiratoires nocturnes.Lorsque le nombre d'apnées (arrêt du flux respiratoire) et d'hypopnées (diminution de ce flux) (IAH) mesurées lors d'un enregistrement du sommeil est supérieur à 5 par heure (ou 10/heure selon les définitions), on parle alors de syndrome d'apnées hyponées obstructives du sommeil (SAHOS).

Comprendre les symptômes de l'apnée du sommeil

Il convient de rechercher d'autres symptômes qui doivent faire évoquer un SAS : sommeil non récupérateur avec fatigue le matin au réveil, céphalées matinales, somnolence diurne excessive évaluée par le score d'Epworth, troubles de la vigilance avec retentissement sur la conduite automobile, troubles du caractère et de la mémoire et parfois même troubles de la libido. Le SAS sévère (IAH ≥ 30/heure associé à une symptomatologie diurne) est responsable d'une mortalité accrue (hypertension artérielle sévère, accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde), tout particulièrement chez les patients en surcharge pondérale, de sexe masculin et âgés de moins de 50 ans. Des études ont prouvé que la prise en charge médicale ou chirurgicale du SAS sévère réduit la mortalité dans cette population de patients.

L'obstruction nasale chronique, lorsqu'elle est présente, est un des éléments essentiels dans l'apparition du ronflement et du syndrome d'apnées du sommeil et doit, de fait, être prise en charge dès la première consultation.

Chirurgie du nez, Ronflements et apnée du sommeil

Toute déviation de la cloison nasale, par l'augmentation des résistances des voies aériennes qu'elle entraîne et par les perturbations induites de l'écoulement du flux aérien, intervient dans les mécanismes de ronflements et d'apnées du sommeil. Les stratégies thérapeutiques sont relativement bien codifiées actuellement. Il a été démontré que la chirurgie de la cloison nasale associée ou non à celle des cornets inférieurs chez les patients correctement sélectionnés permet à elle seule d'améliorer la qualité du sommeil et de réduire la somnolence diurne chez les patients ronfleurs et les patients avec syndrome d'apnées obstructives du sommeil. De plus, la chirurgie de l'obstruction nasale améliore la tolérance de la ventilation à pression positive continue lorsque celle est prescrite. Par contre, il est aujourd'hui impossible de démontrer les bénéfices d'une chirurgie du septum nasal sur la réduction des ronflements. Si certains patients ont vu réduire la fréquence ou l'intensité des ronflements après une septoplastie, cela ne doit en aucun cas amener le chirurgien à proposer cette solution de façon systématique.

Un dernier point à évoquer, et non des moindres, est celui de la chirurgie de la cloison nasale pour algies faciales (céphalées, “maux de tête”). Il n'est pas rare qu'un patient consulte pour des douleurs faciales, parfois sinusiennes et que l'examen clinique révèle une déviation du septum dans la même région que les douleurs. Or, à ce jour, aucun travail publié sur les relations entre algies faciales et déviation de la cloison nasale ne permet objectivement de conclure à l'efficacité de la chirurgie septale. Il convient donc au chirurgien d'apprécier pour chaque patient le bénéfice d'une éventuelle chirurgie de la cloison.