Chirurgie du nez, une chirurgie d'embellissement

La rhinoplastie, chirurgie esthétique du nez a pour objectif principal de corriger les reliefs disgracieux du nez en modifiant ou en remodelant ses caractéristiques morphologiques afin d’obtenir un résultat naturel, harmonieux et équilibré. 
La rhinoseptoplastie ou chirurgie esthétique et fonctionnelle du nez quant à elle doit restaurer la logique fonctionnelle des formes anatomiques imposée par la physiologie nasale en rétablissant la rectitude de la cloison nasale, en corrigeant un collapsus de la valve nasale, ou encore en réduisant le volume d’un cornet nasal inférieur.

Chirurgie primaire du nez : du Push-down à nos jours

Le rhinoplasticien doit pouvoir modifier et adapter sa stratégie chirurgicale à chacune des demandes esthétiques et/ou fonctionnelles des patients. Dans la chirurgie du nez, deux grands procédés chirurgicaux se partagent les faveurs du chirurgien: la rhinoplastie de réduction, dite classique, inspirée de la méthode de Jacques Joseph dont le principe de base est la réduction de la bosse ostéocartilagineuse. La rhinoseptoplastie fonctionnelle, moins souvent utilisée, inspirée des travaux de Maurice Cottle, préserve la continuité du dorsum par impaction de la bosse ostéocartilagineuse ( “push-down”).

Lorsqu’il existe une déviation de la cloison nasale,  la septoplastie par repositionnement est considéré par la plupart comme la méthode de choix, ce qui n’exclue pas les résections limitées lorsqu’un greffon est envisagé. En cas d’obstruction nasale par hypertrophie des cornets inférieurs, une turbinoplastie ou une turbinectomie partielle inférieure sous contrôle endoscopique doit pouvoir être proposée au patient.

Pour la pointe du nez, les cartilages alaires sont en partie responsables du support et de la configuration de la pointe dont il conviendra d’apprécier la définition, la rotation et la projection, éléments essentiels dans l’analyse préopératoire d’une rhinoplastie esthétique. Jack Sheen fut un des premiers à proposer une étude analytique segmentaire de la pointe. Malgré la complexité du problème et la multiplicités des techniques,  un certain nombre de règles sont admises de tous: le respect des dômes alaires, le respect de la valve nasale interne et le respect de la muqueuse vestibulaire.

Toutes ces approches doivent être connues du chirurgien mais il en est une qui ne doit pas être négligée aujourd’hui, tant son implication dans la respiration est fondamentale: il s’agit de la chirurgie de la valve nasale qui a bénéficié de progrès aussi bien dans son diagnostic (reconstruction 3D, simulations numériques) que dans sa prise en charge chirurgicale.

 Rhinoplastie primaire: technique du Push-down

“Rhinoplastie primaire : technique du Push-down”

Quelques réflexions sur la chirurgie secondaire du nez

Bien que les temps opératoires et les gestes, pour la plupart, restent identiques, la rhinoplastie secondaire ne peut être considérée comme la répétition plus ou moins difficile d’une rhinoplastie primaire. Il s’agit d’une “entité chirurgicale distincte”, relevant d’une parfaite connaissance de l’ensemble des techniques chirurgicales, et notamment celles liées à la reconstruction. La variété des déformations rencontrées explique les difficultés à établir un bilan lésionnel précis et le rhinoplasticien doit pouvoir anticiper, tel un joueur d’échec, la plupart des situations qui risquent de se présenter à lui lors de l’intervention. Lors des différentes consultations qui vont précéder la date opératoire, le chirurgien doit proposer au patient un arbre décisionnel aussi détaillé que possible car il n’est parfois pas  possible de répondre à toutes les attentes. Il faut alors pouvoir expliquer au patient où se situent les limites de la chirurgie. Lorsqu’une demande est irréalisable, le chirurgien se doit d’en informer le patient pour prévenir toute désillusion.